La Maison Blanche a campé sur ses positions lundi, signifiant son refus que son plan de sauvetage de l’économie de 1.900 milliards de dollars soit divisé par trois, comme le demandent des républicains modérés. Joe Biden a rencontré lundi pendant deux heures un groupe de dix sénateurs de l’opposition, qui lui ont soumis un projet alternatif de 618 milliards de dollars, selon l’AFP. “Bien qu’il y ait des points d’accord, le président a réitéré son point de vue selon lequel le Congrès doit répondre avec audace et urgence”, a indiqué lundi soir Jen Psaki, la porte-parole de la Maison Blanche dans un communiqué. Joe Biden a en outre “noté de nombreux domaines que la proposition des sénateurs républicains ne traite pas”, a-t-elle ajouté en référence à l’absence de mesures en faveur des Etats ou celle concernant le doublement du montant du salaire fédéral minimum. “Clairement”, le président “pense que la taille du plan doit être plus proche” de l’enveloppe qu’il a proposée, avait aussi souligné plus tôt Mme Psaki lors d’un point presse. Elle avait alors indiqué que cette réunion ne serait pas “un forum pour accepter une offre”, mais “une opportunité d’échanger des idées”. “Ce fut un très bon échange de vues”, a réagi de son côté Susan Collins, l’une des sénatrices ayant soumis la contreproposition. “Je ne dirais pas que nous sommes parvenus à nous mettre d’accord (...) ce soir”, a-t-elle ajouté, tout en soulignant que “personne ne s’y attendait”. Elle a également indiqué avoir “bon espoir” d’un accord entre les deux partis. Les sénateurs ont ensuite publié en soirée un communiqué faisant état d’un “échange de vues très productif”, assurant qu’ils continueraient à discuter avec l’administration Biden et d’autres sénateurs “dans les prochains jours” pour parvenir à un accord bipartisan. Selon Jen Psaki, Joe Biden espère lui aussi faire adopter le projet de loi “avec un soutien bipartisan”. Mais il a signalé aux sénateurs que si cela n’était pas possible, il utiliserait le dispositif de “réconciliation” permettant un vote à la majorité simple. Rallier ces 10 républicains modérés serait pourtant une victoire pour les démocrates qui pourraient alors faire voter le texte selon la procédure habituelle qui requiert 60 votes sur 100. Mme Collins a semblé faire un pas en avant en disant qu’ils partageaient les préoccupations sur la situation socio-économique du pays. Pour autant, l’administration Biden se prépare à l’éventualité d’un échec: la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi et le chef démocrate du Sénat Chuck Schumer ont ainsi annoncé avoir franchi un cap dans l’adoption de l’autre procédure, permettant la majorité simple.